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lundi 19 avril 2010

New York et Simone





Désolé pour mon silence « blogal », mais une pause s’imposait.
Rien ne méritait d’être relaté ici, avant … New York.
La « big apple » en guise d’œuf de Pâques, what else ?
L’excitation est toujours la même, les gratte ciel qui se détachent au loin, qui phagocytes l’horizon, nous englobent finalement.
Chaque fois j’entends Lisa :
« Start spreading the news, I’m leaving today, I want to be a part of it , New York, New York !! »
Rassurez-vous, j’ai juste envie d’en faire partie, pas d’être Lisa.
On a vraiment envie d’en faire partie, de se noyer dans cette foule éclectique, de se laisser aller à la frénésie, de claquer ses dollars, et puis tombe sur nous LE JET LAG.
Pas le temps d’enlever les bigoudis, je m’écroule dans le king size bed avec lourdeur.
New York ce sont aussi des odeurs d’œufs frits, de bacon, de muffins, de café bouillant au petit dej’
C’est ce besoin irrésistible de rallier Central Park au plus vite, le matin,
D’y côtoyer ses écureuils téméraires, ses sportifs déguisés en pom pom girls, queer fluo, businessman cool, ou en canon au sex appeal suspect (notre enfer quotidien…).
New York ce sont aussi ses hots dogs dégustés à la va vite sur un banc,
C’est aussi le hall du Chrysler building, ses aigles scintillants, lady liberty et sa robe verte surannée, les musicals de Broadway, Time square et son «jour » sans fin, le Brooklyn bridge…
A propos de Brooklyn : flop !!
Il me manquait ma guide (elle se reconnaîtra).
Au retour à Paris : gros jet lag dans la tronche.
Au-delà de quarante cinq ans c’est comme une nuit entière d’amour : On n'en sort pas indemne, il faut quelque temps pour s’en remettre.
A peine remis, donc, je tombe sur un documentaire « Moi petite fille de 13 ans », et je vois Simone LAGRANGE.
Simone qui a vécu l’enfer d’Auschwitz à 13 ans,
Simone qui raconte calmement, avec toujours un léger sourire.
Elle raconte ce que nous ne saurions comprendre,
Elle raconte la cruauté, souvent gratuite,
Elle raconte sa rage de ne plus être qu’un numéro,
Elle raconte ce qu’est l’espoir,
Elle raconte qu’être indisciplinée peut sauver la vie,
Elle raconte l’absence des êtres qui étaient tout,
Elle raconte comment on grandit à 13 ans en quelques heures,
Puis adulte, elle témoigne au procès de K. BARBIE, et refuse le contre interrogatoire de son avocat.
« Cet homme m’a déjà interrogée il y a 35 ans, et comment !! » dit-elle
« Je refuse de subir un nouvel interrogatoire de sa part, ou de son représentant , il n’en est pas question, c’est tout simplement impossible »
Là se finit son témoignage à la barre.
Et je n’arrive pas à la quitter des yeux, ses paroles sont comme suspendues en l’air, et une admiration irrépressible monte, car ce qui est extraordinaire, c’est qu’il n’y a depuis le début du documentaire, pas un mot de haine, pas un accès de colère, pas de désir de vengeance exprimés.
Juste une dignité, une force vitale et une volonté de justice qui emportent tout.
Elle est là pour témoigner Simone, pour que nous n’oubliions pas.
Comment pourrait-on l’oublier ?

1 commentaire:

  1. je garde la légèreté de NY, de green point à brooklyn, conney island, les galeries underground et la parade des freaks! next time dear, mais pas question de jet lag et il y a des nuits qui ont tout à fait l'effet inverse!

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