
D’aucuns m’ont fait la remarque, que ce blog était resté inerte depuis trop longtemps.
Ils ont raison, bien que j’aie eu les miennes pour ne pas publier ici, quelques temps.
Aussi, me voici… and I’m really back !!!
Pour ce retour, je soumets à votre sagacité, cette réflexion, à la façon de carrie Bradshaw :
Ne pas fêter Noël est-il le dernier tabou de notre société post moderne ?
Cette société qui semble avoir transgressé presque tous les interdits, être revenue de tout, entretient-elle encore dans un coin de sa mémoire, un reliquat de rêve intouchable, immaculé ?
je vous laisse y réfléchir, et me faire part de vos commentaires éclairés.
Pour ma part, ma réponse est : Il semble bien !
Oui, bon! je vous sens un peu déçus...
Alors je vais vous raconter comment j'ai vécu çà :
Cette année je ne souhaitais pas fêter l’arrivée du saint lardon.
Point de sapin, dont les épines auraient squatté mes tapis pendant plusieurs lunes,
point de débauche gastronomique, point de peau verdâtre du lendemain,
point de chant sirupeux, point de chasse frénétique au cadeau.
Cette décision irrévocable ayant été annoncée, vinrent les réactions.
Mon entourage familial, affichait une mine déconfite : ce petit nous cause bien des soucis …
Mon alsacien préféré qui n’a d’accoutumée, rien d’un Torquemada, criait au blasphème.
Mon psy s'interrogeait (il n'a pas fini de le faire, autant qu'il s'habitue..)
et je pense que ma boulangère m’aurait jeté des pierres, si elle l'avait su.
Enfin, je faillis bien être désarçonné, en voyant que j’allais LUI manquer.
Mais, il s’agissait d’un acte d’affirmation salutaire, d’exercer mon libre arbitre;
Libre arbitre qui ne s’était pas exercé depuis longtemps, et avait tendance, ces derniers temps, à cracher ses poumons au moindre sprint.
J’avais choisi de pratiquer, la technique du retrait (non pas celle-là, petits pervers…).
Mon réveillon fût donc animé de rêveries, de « peletonnages » savoureux.
Une comédie romantique par ci, un concerto de Mozart par là.
Et surtout, je m’étais offert un luxe, en cette époque hyper normative : Le contre-temps.
Bien que dissonnante, aux oreilles des autres, cette petite musique qui trottait dans ma tête, avait son charme, ses joies.
Rien que de banal, n’allez pas imaginer quelque paroxysme inavouable.
Mais l’observation de ses orteils, la contemplation d’un frigo, vierge de toute bûche indigeste, les croches et demies croches d’un parquet qui craque, le cliquetis de l'eau chaude d'une douche maintes fois retardée, ont leur attrait.
Sans jubilation excessive, je savourais néanmoins ces moments volés à la frénésie noëlistique.
Bien entendu, parfois des tonalités un peu plus graves, affleuraient.
Surtout quand inopinément survenait le silence.
Sa sa présence légère et lourde, m'enveloppait, s'effaçant quelques instants, pour revenir, à la fois entêtante et subtile, omniprésente et discrète.
Ce que l'on oublie souvent, c'est que le silence est habité.
Ce soir là, il était peuplé de celles et ceux qui ne sont plus là, qui étaient la magie de ces fêtes, et je savais que je serais plus proche d’eux, ainsi.
Et puis, le jour de Noël, je savais aussi que j’allais recevoir un beau cadeau.
Il est arrivé le soir, sur ses deux jambes, avec son parfum pour seul emballage, son sourire en guise de rubans.
J’avais le noël que je souhaitais, bien qu’incompris, bien qu’à rebrousse poil, bien qu’oisif.
Bien entendu, on peut se dire que j’ai raté un moment de convivialité, avec les êtres qui me sont chers.
Mais il y en aura d’autres…
Et puis, j’ai fait œuvre sociale : J’ai accordé quelques minutes de RTT au Père Noël.
Je l’imagine couché dans le foin, fumant une clope bien méritée, un petit peu plus tôt que d’habitude.
Et je me dis que peut-être, il m’en saura gré l’année prochaine ?









