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mardi 23 mars 2010

PARIS ET LE PRINTEMPS

Les petits oiseaux chantent,
les chemises s’ouvrent,
l’heure d’été pointe le bout se son nez,
et je commence à bourgeonner (sic).
Le printemps est là !
Heureusement, j’étais sur le point d’acheter de l’herbe à chat pour la brouter.
En même temps, une nostalgie irrépressible s’empare de moi.
Me reviennent chaque année une chanson, le souvenir de Toby mon amie New Yorkaise qui doit donner la pêche aux anges, qui débarquait à Paris en avril, chaque fois qu’elle le pouvait, et me fredonnait :

April in Paris, chestnuts in blossom
Holiday tables under the trees
April in Paris, this is a feeling
No one can ever reprise
I never knew the charm of spring,
never met it face to face
I never knew my heart could sing
never missed a warm embrace
Till april in paris
Whom can I run to
What have you done to my heart;

Mon entourage craque en général, en avril :
La voix d’Ella Fitzgerald retentit en boucle,
Mon front se couvre de délicats opercules rouges,
Je fixe, chaque matin, le miroir d’un air dubitatif,
Jusqu’à ce que n’y tenant plus, j’entame le plus drastique des régimes de l’année
(non çà n’est pas le seul, vous l’avez compris).

Je croise les doigts pour que mon cher et tendre, surmonte cette nouvelle épreuve.

Bon, il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte …
Je vous parlerai une autre fois, de mon livre de chevet du moment : METRONOME
Mais pour l’instant je vais m’y plonger

vendredi 19 mars 2010

HUMEUR : UP AND DOWN




Départ jeudi dernier pour Séville.
Quatre jours avec un air de printemps bien mérité après les frimas parisiens obstinément présents.
Séville semble comme la plupart des villes modernes ayant une histoire, victime d’une schizophrénie urbanistique : Un centre historique plein de charme, une ambiance animée, et en dehors de ce secteur, vouée à une débauche de styles architecturaux tous plus laids, les uns que les autres.
Ayant cependant un point commun : la volonté d’entassement de la population.
C’est particulièrement vrai en Espagne, où le goût Franquiste des années 60, s’est exprimé partout.
Ce qui marque avant tout à Séville, c’est ce mélange d’orient et de ferveur chrétienne.
Tout semble faire référence au triomphe de la ferveur chrétienne, et pourtant plane le souvenir préservé de ce paradis que fût El Andalous.
Les deux cultures s’entremêlent à chaque détour, chaque ruelle.
Il me reste de ce séjour le souffle d’une brise légère, la saveur des tapas, la fraîcheurdes « cervezas » qui s’engouffre dans ma gorge.
Ce groupe d’ibère qui s’arrêtent sur une placette ombragée, et chantent en cœur un air joyeux, léger comme les fleurs des orangers qui sont partout dans la ville.
Ce sentiment que Paris, la France, sont si loin, si délicieusement loin.
Et puis, la mauvaise nouvelle me rejoins …
Le départ sous d’autres cieux, d’un être cher.
Il faut bien continuer ce voyage : je ne suis pas seul, et les obsèques ne sont que le lundi.
Ma tête se sépare en deux hémisphères consciemment distincts.
Un qui jouis de cette escapade, se dit profite, profite !!
L’autre qui est convoqué par des flashs de l’enfance, se remémore, encore et encore.

Le retour est lourd.

A peine arrivé le dimanche soir, je prépare un bagage pour repartir vers Grenoble le lendemain.
On choisit des vêtements appropriés. On en change : trop mortifère, trop joyeux, trop élégant…
Et puis merde, quelle importance !
Ce qui importe, c’est d’être là pour saluer dignement ma tante. Soutenir ses enfants.
Comme à chaque fois, nous nous retrouvons stupéfiés du temps qui est passé sans nous voir.
Il y a aussi ce doux sentiment d’être dans sa tribu.
La famille a payé cher cette année : Deux sœurs s’en sont allées en trois mois.
C’est une génération qui tire sa révérence, et nous prenons soudain conscience que nous serons bientôt les seuls dépositaires de cette histoire.
Comme à chaque fois, la tristesse fait place aux fous rires. Chez nous, on dit souvent au revoir aux défunts en riant.
Chacun évoque ces moments cocaces, ces maladresses, dont nous avons été témoins et acteurs.
Les rires se mêlent aux larmes, et il me semble parfois qu’une vibration subtile flotte dans l’air, qu’ils sont là, et peut être même se moquent de notre inconstance qui leur rappelle la leur quand ils étaient parmi nous.
Dans ces moments là, on se dit des choses essentielles, avec les yeux, les mains, une étreinte, et parfois quelques mots murmurés.
Et puis, on se quitte, en se promettant de se revoir bientôt.
Qu’en sera-t-il ?
Il est des bonnes intentions comme des ritournelles : on les perd en chemin mais on ne les oublie jamais totalement.
Et puis la vie reprend sauvagement ses droits.
Quand on meurt, la vie continue sans vous : c’est aussi rassurant que terrifiant.

lundi 8 mars 2010

RETOUR A L'ECOLE


Samedi dernier, dégustation du cadeau de Saint valentin de mon cher et tendre : premier cours d’art plastique depuis longtemps.
J’étais excité comme un collégien, le jour de la rentrée des classes.
Un cours, c’est comme une tribu, dont il faut comprendre les codes.
Le chef est le prof.
Quelle dynamique induit-il ?
Est-il interventionniste ou pas ?
Est-il attentif ou pas ?
Recherche-t-il la vénération de ses ouailles, ou pas ?
Cela arrive souvent, d’autant plus que les cours d’art plastique sont fréquentés massivement par les femmes, et les profs sont majoritairement des hommes.
Cela me questionne d’ailleurs.
Pourquoi si peu d’élèves hommes ?
Manquent-ils de créativité ? De sensibilité artistique ?
Non !
Je crois surtout que peu, osent exposer au grand jour qu’ils sont perfectibles, qu’ils ne savent pas.
J’appelle cela : le syndrome du mâle perdu…
Un homme cherchant son itinéraire, tournera des heures avant de demander son chemin
(D’ailleurs il le fait pour faire plaisir à Madame qui n’en peut plus), alors qu’une femme ne verra aucune déchéance à se renseigner…
Nous sommes ainsi faits.
Infaillibles nous croyons être, et agissons comme tel.
D’autre part, le dessin, n’a de valeur que si nous y mettons un peu de notre vision du monde, de notre intimité.
Et là, le mâle dominant perd les pédales.
Enfin, le mâle n’aime pas se comparer : il croît toujours qu’il s’agit de savoir qui a la plus grosse… Seuls échappent à cette règle de base les artistes dans l’âme, et les gays (ouf !!!), et les mecs, les vrais qui n’ont plus rien à prouver (sauf à eux-mêmes).
Eh bien, ô surprise! Pour la première fois de ma vie 3 hommes sur un cours de 8 élèves.
Donc tout ce que je viens de dire au dessus, apparaît soudain comme abscond.
Eh bien non çà reste vrai (c’est mon blog, bon sang !!!) et il faut bien des exceptions…

Le nom du cours est celui d’une vénérable septuagénaire Helena H., mais est animé le samedi par un quadra.
La vénérable m’accueille donc avec un accent Germano-slave, et son œil droit en permanence, à demi fermé.
Elle me présente au quadra, qui d’emblée me jauge, du genre :
« Est-ce qu’il va me mettre le bordel celui-là ? »
Il faut dire que la vénérable m’ayant questionné lors de notre première entrevue, sur mon passé « d’artiste amateur », avait exceptionnellement ouvert son œil, avec une pointe d’admiration, quand elle su que j’avais suivi pendant 4 ans des cours similaires.
Ma pseudo réputation m’ayant donc précédé, le coq voulait voir de quoi ce nouveau gallinacée était fait.
Comme dans le domaine de l’art, j’ai toujours affiché une certaine humilité (pas le choix…), il fût vite rassuré, non sans m’avoir laissé poireauter un bon quart d’heures, sans indication : C’est de bonne guerre !! (voir plus haut pour ceux qui suivent)
Bien entendu, il demanda à voir quelques réalisations passées, ce qui attira d’office la groupie de service (les autres élèves sont plutôt agréables, studieux et talentueux), qui vient là, surtout pour papoter, et exprimer son admiration à qui veut bien la recevoir.
Elle bouscula Chantecler pour voir de quoi le gallinacé nouveau était capable.
Chantecler lui lança un regard un peu noir, pour marquer l’outrage, puis plein de mansuétude : elle admire si bien…

Je sentis au regard dudit Chantecler, que je n’étais définitivement pas dangereux, mais pas non plus, un guignol : le cours pouvait commencer.

Intégrer un cours c’est se mettre en danger, et çà fait longtemps que je ne l’ai pas fait dans ce domaine. Je me suis donc mis une pression supplémentaire en abordant la technique que je pense la moins maîtriser.
Cap donc sur le pastel !
N’est pas Degas, Chardin ou Lautrec qui veut.
Le pastel est exigeant.
Toutes ces couleurs vous appellent, son velouté fragile est unique, mais il est difficile d’atteindre la juste balance entre la légèreté qu’il peut exprimer, et l’intensité, la force qu’il autorise.
Il sature vite le papier, mais trop peu appliqué, reste terne.
Et puis, il faut oublier tout ce que l’on sait en peinture…
La superposition des couleurs ne répond pas tout à fait aux mêmes règles.
Je m’y suis frotté avec acharnement, sans sentir le déclic libérateur.
Heureusement, ç’eût été trop rapide (J’aime que l’objet de ma convoitise résiste un peu …).

Mais qu’il est bon d’aborder des rivages nouveaux !!!

Pour revenir au prof, Philippe (puisque Chantecler, il ne fût que quelques instants…) est intéressant, qualifié, et somme toute sympathique.
Son verdict est tombé vers la fin du cours : « C’est pas mal, mais tu vas trop vite ».
Et de me démontrer par le geste, combien je gagnerais à m’attarder.
Aurait-il percé à jour mon aptitude modérée à la patience ?
Le bougre est perspicace.
La peinture à l’huile souffre difficilement la précipitation (temps de séchage), mais j’ai toujours pratiqué, un peu à la hussarde, les techniques « sèches ».
Il me faudra donc du temps pour évoluer.
Cà tombe bien, il reste encore plein de cours …. YESSSSSSS !!!!!
Suite au prochain numéro...

PS : L’auteur présente ses excuses à tous ceux que la peinture, les tempêtes dans un bocal et l’enthousiasme naïf emmerdent.

mardi 2 mars 2010

HUMEUR DU JOUR : JE HAIS CETTE BALANCE


Le réveil sonne toujours deux fois…

Si mes neurones avaient le temps de se connecter, il se prendrait une volée d’insultes, ou je l’éclaterais façon puzzle à la Raoul Volfoni, mais y’a personne à ce stade dans ma boîte crânienne.

Sur ce, mon bien aimé m’appelle, pour m’éviter une rechute cathartique, et nous entamons un dialogue devenu récurrent, construit essentiellement à base d’onomatopées.

Comateux à l’extrême, je m’extirpe du lit conjugal (sans conjoint cette nuit, si vous suivez), pour tenter une sortie vers la cuisine et ses apports en vitamines, oligo-éléments, fibres dont mon corps réclame à corps et à cri l’ingestion (aux dires des experts).
Pour l’instant, le seul cri qui sort de mon corps est celui de mes articulations qui couinent plus qu’à l’accoutumée.

En chemin, j’allume par réflexe la lucarne, pour voir « télé matin » et son ineffable William LEYMERGIE : celui qui vous aide à émerger :-)

Ok, je devrais moins regarder RUQUIER.
Mais c’est par solidarité communautaire, et puis c’est tellement bon de pouvoir passer ses nerfs sur ses deux acolytes teigneux…

Mais, je m’éloigne du sujet !

Donc logiquement, cela devrait m’aider à émerger.
Que nenni !
Le matin a ses raisons, que ma raison ignore, et c’est particulièrement vrai aujourd’hui.

Donc, devant la lucarne débitant ses catastrophes j’ingère un laborieux et frugal petit déjeuner (tant pis pour les experts).
Après une « nuit grave » comme disent les jeunes, je m’élance tel un fauve en quête de gibier, mes muscles bandés, l’œil aux aguets, le poil luisant et l’haleine fraiche.

STOOOOOOOPPPPPPP !!
Excusez-moi, çà, ce sont mes rêves, et cela fera l’objet d’un autre article.

Donc, d’une démarche chaotique, j’arrive à la salle de bain.
Dénudé, je me pose, plein d’espoir sur la balance, qui va me dire tel le miroir de la méchante reine, si je suis le plus beau…
La traîtresse !
Elle m’indique un kilo de plus qu’hier, et c’est pas la première fois que çà lui arrive à la perfide !

« T’es pas au courant que j’fais un régime ?
Que je me fais des repas d’éthiopiens midi et soir ?
Que si çà continue, j’vais faire un malheur ?

« Et la tablette de chocolat d’hier soir ! » me répond-elle.

Devant tant de mauvaise fois, j’ai décidé de la traiter par le mépris, et de l’abandonner à son triste sort d’objet inerte ; et sans un regard pour elle, je me suis tourné avec dignité vers la douche qui, elle, ne m’a jamais trahi.

Décidément : JE HAIS CETTE BALANCE !!!