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vendredi 30 avril 2010

VACANCES, ETC...


Une semaine de vacances s’achève,
Des instants volés à la furie quotidienne,
Le luxe de ne rien faire.
Tout d’abord, cet espace qui s’ouvre,
si inhabituel, donne le tournis.
Envie de faire tant de choses, que l’ogre parisien,
vous empêche d’accomplir.
Puis, l’esprit se détend comme un muscle qui se relâcherait.
Me vient toujours, un spleen que j’aimerais aussi talentueux que celui de Baudelaire (sic).
On se retrouve face à face avec soi,
comme extirpé de la vie des autres qui, eux,
continuent à vaquer.
On se demande alors quel est ce vide, ou ce trop plein,
je ne saurais le dire…
On n’a envie que d’une chose : rester dans ce cocon familier, ne pas se confronter à eux : les autres, les enragés du RER, les casses pieds du métro, les malotrus qui vous bousculent sans un regard, vous agressent aussi profondément qu’une lame qui s’enfoncerait dans le ventre, vous décochent des regards haineux sans raison.
Les faux culs du boulot, les acharnés de la manigance, les nases à l’ego inversement proportionnel à leurs talents, les managers infatués, qui ont tout oublié de leurs devoirs mais rien de leurs prérogatives.
Alors, on n’a qu’une envie, se côtoyer un peu soi-même.
Quel est ce monde, ou ne pas se perdre nécessite tant de vigilance ?
On se plaît à rêver d’ermitage, de lointains radieux, de légèreté, de folie, d’absolu.
Puis cette gymnastique salutaire fait son effet.
Avec les jours, on se laisse aller.
On s’abolit de cette obligation d’agir à tout prix.
On se fout de la réponse que l’on va apporter à cette question :
« Qu’as-tu fait pendant tes vacances ? »
On savoure.
C’est quand plus rien n’est contraint que tout devient possible.
Cela rappelle cette sensation qui nous envahit quand on nage, et que petit à petit on ne lutte plus contre l’élément, que l’on fait un avec lui, que notre attention se focalise sur l’air qui entre et sort des poumons, que rien d’autre ne compte.
C’est là, enfin, que j’ai pu laisser mes pas me mener au hasard.
Le collège des Bernardins, L’église St Etienne du Mont, le Panthéon, la Contrescarpe.
Ce petit square Viviani que j’affectionne particulièrement,
où j’ai juste senti l’air caresser mon visage, où le soleil m’a étreint de ses rayons chauds.
Et puis, comme un présent inattendu, un déjeuner avec mon ami, mon frère, celui que je me suis choisi.
Des nouvelles d’une amie qui me manque souvent, mais dont je respecte les silences puisqu’ils sont sa façon de donner une respiration à notre histoire, la perspective d’un diner ensemble.
Cerise sur le gâteau, deux jolies soirées avec mon amoureux.
Finalement, cette semaine de vacances a été belle, elle s’est écrite à l’improviste, avec des pleins et des déliés.
J’ai réussi à ne PAS accomplir mon programme.

Et c’est bon !!!

lundi 19 avril 2010

New York et Simone





Désolé pour mon silence « blogal », mais une pause s’imposait.
Rien ne méritait d’être relaté ici, avant … New York.
La « big apple » en guise d’œuf de Pâques, what else ?
L’excitation est toujours la même, les gratte ciel qui se détachent au loin, qui phagocytes l’horizon, nous englobent finalement.
Chaque fois j’entends Lisa :
« Start spreading the news, I’m leaving today, I want to be a part of it , New York, New York !! »
Rassurez-vous, j’ai juste envie d’en faire partie, pas d’être Lisa.
On a vraiment envie d’en faire partie, de se noyer dans cette foule éclectique, de se laisser aller à la frénésie, de claquer ses dollars, et puis tombe sur nous LE JET LAG.
Pas le temps d’enlever les bigoudis, je m’écroule dans le king size bed avec lourdeur.
New York ce sont aussi des odeurs d’œufs frits, de bacon, de muffins, de café bouillant au petit dej’
C’est ce besoin irrésistible de rallier Central Park au plus vite, le matin,
D’y côtoyer ses écureuils téméraires, ses sportifs déguisés en pom pom girls, queer fluo, businessman cool, ou en canon au sex appeal suspect (notre enfer quotidien…).
New York ce sont aussi ses hots dogs dégustés à la va vite sur un banc,
C’est aussi le hall du Chrysler building, ses aigles scintillants, lady liberty et sa robe verte surannée, les musicals de Broadway, Time square et son «jour » sans fin, le Brooklyn bridge…
A propos de Brooklyn : flop !!
Il me manquait ma guide (elle se reconnaîtra).
Au retour à Paris : gros jet lag dans la tronche.
Au-delà de quarante cinq ans c’est comme une nuit entière d’amour : On n'en sort pas indemne, il faut quelque temps pour s’en remettre.
A peine remis, donc, je tombe sur un documentaire « Moi petite fille de 13 ans », et je vois Simone LAGRANGE.
Simone qui a vécu l’enfer d’Auschwitz à 13 ans,
Simone qui raconte calmement, avec toujours un léger sourire.
Elle raconte ce que nous ne saurions comprendre,
Elle raconte la cruauté, souvent gratuite,
Elle raconte sa rage de ne plus être qu’un numéro,
Elle raconte ce qu’est l’espoir,
Elle raconte qu’être indisciplinée peut sauver la vie,
Elle raconte l’absence des êtres qui étaient tout,
Elle raconte comment on grandit à 13 ans en quelques heures,
Puis adulte, elle témoigne au procès de K. BARBIE, et refuse le contre interrogatoire de son avocat.
« Cet homme m’a déjà interrogée il y a 35 ans, et comment !! » dit-elle
« Je refuse de subir un nouvel interrogatoire de sa part, ou de son représentant , il n’en est pas question, c’est tout simplement impossible »
Là se finit son témoignage à la barre.
Et je n’arrive pas à la quitter des yeux, ses paroles sont comme suspendues en l’air, et une admiration irrépressible monte, car ce qui est extraordinaire, c’est qu’il n’y a depuis le début du documentaire, pas un mot de haine, pas un accès de colère, pas de désir de vengeance exprimés.
Juste une dignité, une force vitale et une volonté de justice qui emportent tout.
Elle est là pour témoigner Simone, pour que nous n’oubliions pas.
Comment pourrait-on l’oublier ?