Départ jeudi dernier pour Séville.
Quatre jours avec un air de printemps bien mérité après les frimas parisiens obstinément présents.
Séville semble comme la plupart des villes modernes ayant une histoire, victime d’une schizophrénie urbanistique : Un centre historique plein de charme, une ambiance animée, et en dehors de ce secteur, vouée à une débauche de styles architecturaux tous plus laids, les uns que les autres.
Ayant cependant un point commun : la volonté d’entassement de la population.
C’est particulièrement vrai en Espagne, où le goût Franquiste des années 60, s’est exprimé partout.
Ce qui marque avant tout à Séville, c’est ce mélange d’orient et de ferveur chrétienne.
Tout semble faire référence au triomphe de la ferveur chrétienne, et pourtant plane le souvenir préservé de ce paradis que fût El Andalous.
Les deux cultures s’entremêlent à chaque détour, chaque ruelle.
Il me reste de ce séjour le souffle d’une brise légère, la saveur des tapas, la fraîcheurdes « cervezas » qui s’engouffre dans ma gorge.
Ce groupe d’ibère qui s’arrêtent sur une placette ombragée, et chantent en cœur un air joyeux, léger comme les fleurs des orangers qui sont partout dans la ville.
Ce sentiment que Paris, la France, sont si loin, si délicieusement loin.
Et puis, la mauvaise nouvelle me rejoins …
Le départ sous d’autres cieux, d’un être cher.
Il faut bien continuer ce voyage : je ne suis pas seul, et les obsèques ne sont que le lundi.
Ma tête se sépare en deux hémisphères consciemment distincts.
Un qui jouis de cette escapade, se dit profite, profite !!
L’autre qui est convoqué par des flashs de l’enfance, se remémore, encore et encore.
Le retour est lourd.
A peine arrivé le dimanche soir, je prépare un bagage pour repartir vers Grenoble le lendemain.
On choisit des vêtements appropriés. On en change : trop mortifère, trop joyeux, trop élégant…
Et puis merde, quelle importance !
Ce qui importe, c’est d’être là pour saluer dignement ma tante. Soutenir ses enfants.
Comme à chaque fois, nous nous retrouvons stupéfiés du temps qui est passé sans nous voir.
Il y a aussi ce doux sentiment d’être dans sa tribu.
La famille a payé cher cette année : Deux sœurs s’en sont allées en trois mois.
C’est une génération qui tire sa révérence, et nous prenons soudain conscience que nous serons bientôt les seuls dépositaires de cette histoire.
Comme à chaque fois, la tristesse fait place aux fous rires. Chez nous, on dit souvent au revoir aux défunts en riant.
Chacun évoque ces moments cocaces, ces maladresses, dont nous avons été témoins et acteurs.
Les rires se mêlent aux larmes, et il me semble parfois qu’une vibration subtile flotte dans l’air, qu’ils sont là, et peut être même se moquent de notre inconstance qui leur rappelle la leur quand ils étaient parmi nous.
Dans ces moments là, on se dit des choses essentielles, avec les yeux, les mains, une étreinte, et parfois quelques mots murmurés.
Et puis, on se quitte, en se promettant de se revoir bientôt.
Qu’en sera-t-il ?
Il est des bonnes intentions comme des ritournelles : on les perd en chemin mais on ne les oublie jamais totalement.
Et puis la vie reprend sauvagement ses droits.
Quand on meurt, la vie continue sans vous : c’est aussi rassurant que terrifiant.
Quatre jours avec un air de printemps bien mérité après les frimas parisiens obstinément présents.
Séville semble comme la plupart des villes modernes ayant une histoire, victime d’une schizophrénie urbanistique : Un centre historique plein de charme, une ambiance animée, et en dehors de ce secteur, vouée à une débauche de styles architecturaux tous plus laids, les uns que les autres.
Ayant cependant un point commun : la volonté d’entassement de la population.
C’est particulièrement vrai en Espagne, où le goût Franquiste des années 60, s’est exprimé partout.
Ce qui marque avant tout à Séville, c’est ce mélange d’orient et de ferveur chrétienne.
Tout semble faire référence au triomphe de la ferveur chrétienne, et pourtant plane le souvenir préservé de ce paradis que fût El Andalous.
Les deux cultures s’entremêlent à chaque détour, chaque ruelle.
Il me reste de ce séjour le souffle d’une brise légère, la saveur des tapas, la fraîcheurdes « cervezas » qui s’engouffre dans ma gorge.
Ce groupe d’ibère qui s’arrêtent sur une placette ombragée, et chantent en cœur un air joyeux, léger comme les fleurs des orangers qui sont partout dans la ville.
Ce sentiment que Paris, la France, sont si loin, si délicieusement loin.
Et puis, la mauvaise nouvelle me rejoins …
Le départ sous d’autres cieux, d’un être cher.
Il faut bien continuer ce voyage : je ne suis pas seul, et les obsèques ne sont que le lundi.
Ma tête se sépare en deux hémisphères consciemment distincts.
Un qui jouis de cette escapade, se dit profite, profite !!
L’autre qui est convoqué par des flashs de l’enfance, se remémore, encore et encore.
Le retour est lourd.
A peine arrivé le dimanche soir, je prépare un bagage pour repartir vers Grenoble le lendemain.
On choisit des vêtements appropriés. On en change : trop mortifère, trop joyeux, trop élégant…
Et puis merde, quelle importance !
Ce qui importe, c’est d’être là pour saluer dignement ma tante. Soutenir ses enfants.
Comme à chaque fois, nous nous retrouvons stupéfiés du temps qui est passé sans nous voir.
Il y a aussi ce doux sentiment d’être dans sa tribu.
La famille a payé cher cette année : Deux sœurs s’en sont allées en trois mois.
C’est une génération qui tire sa révérence, et nous prenons soudain conscience que nous serons bientôt les seuls dépositaires de cette histoire.
Comme à chaque fois, la tristesse fait place aux fous rires. Chez nous, on dit souvent au revoir aux défunts en riant.
Chacun évoque ces moments cocaces, ces maladresses, dont nous avons été témoins et acteurs.
Les rires se mêlent aux larmes, et il me semble parfois qu’une vibration subtile flotte dans l’air, qu’ils sont là, et peut être même se moquent de notre inconstance qui leur rappelle la leur quand ils étaient parmi nous.
Dans ces moments là, on se dit des choses essentielles, avec les yeux, les mains, une étreinte, et parfois quelques mots murmurés.
Et puis, on se quitte, en se promettant de se revoir bientôt.
Qu’en sera-t-il ?
Il est des bonnes intentions comme des ritournelles : on les perd en chemin mais on ne les oublie jamais totalement.
Et puis la vie reprend sauvagement ses droits.
Quand on meurt, la vie continue sans vous : c’est aussi rassurant que terrifiant.

"Telle est la vie des hommes: Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins.
RépondreSupprimerIl n'est pas nécessaire de le dire aux enfants."
Le chateau de ma mère. Marcel Pagnol. 1957.
« Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai...
RépondreSupprimer(…)
Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire !
Et il rit encore.
Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras content de m'avoir connu. Tu seras toujours mon ami. Tu auras envie de rire avec moi. Et tu ouvriras parfois ta fenêtre, comme ça, pour le plaisir... Et tes amis seront bien étonnés de te voir rire en regardant le ciel. Alors tu leur diras: "Oui, les étoiles, ça me fait toujours rire !"
« Le Petit Prince »
Antoine de Saint Exupéry
Bises
Pierre